Faire des « trucs de blancs »

« faire des trucs de blancs », en arrivant pour s’installer , on voudrait en faire le moins possible, s’intégrer le plus possible, éviter la caricature du touriste  sauf que :

Petit rappel corporel

Notre corps, lui, nous rappelle bien que nous sommes blancs, européens avec les caractéristiques physiques, immunitaires, médicales de notre corps mais aussi de notre environnement de naissance et de croissance en Europe. Et donc :

  • Non, restez plus de 5 min en plein soleil à midi n’est pas une bonne idée.
  • Oui, boire de l’eau en bouteille ( en bidon comme dit ici) est une nécessité ( en tout cas les premiers mois) le temps que la flore intestinale se fasse.
  • Oui, je vais souffrir plus de la chaleur au début.

Mon corps est plus fragile, il va se renforcer au fur à mesure mais peut-être jamais totalement.

Donc, sur ces points, on accepte, on met de la crème solaire et un chapeau, on boit de la Lafi en bouteille et on mange bien cuit et/ou pas n’importe où.

Visibilité de la blanchitude

Je peux difficilement cacher que je suis blanche. Bien sûr, je peux m’habiller comme les femmes burkinabé, apprendre le dioula, adapter mon rythme de marche, mes habitudes mais à l’œil nu , je reste toujours blanche.

Cette différence visible va m’apporter certains avantages dont celui pas des moindres  et avec une certaine utilité, d’être remarquée où que j’aille sans que je doive nécessairement aller signaler ma présence. Ce qui m’amène au paradoxe d’être remarquée car blanche précisément parce que je ne fais pas que des « trucs de blancs » et que je me retrouve seule européenne dans une assemblée de burkinabé.

A l’inauguration de la mairie de Bobo Dioulasso

Être visiblement étranger ici n’apporte certainement pas autant de racisme que ce que les noirs, marrons, jaunes vivent en occident. Les aprioris sur les blancs sont nombreux mais rarement négatifs : on assume que j’ai les connaissances et compétences pour les métiers intellectuels ( par contre tous les blancs ont deux mains gauches, c’est bien connu), que je sais cuisiner et faire de la pâtisserie, que je m’y connais en médecine et en ordinateurs.

Mais il est vrai aussi que d’autres aprioris ont des conséquences plus désagréables : en tant que blanche, je dois surement être riche et d’une certaine manière, je le suis, bien plus qu’une bonne partie de la population burkinabé. Il serait donc normal que je distribue ce que j’ai, en achetant, en embauchant des personnes pour plein de petits jobs, ce que font d’ailleurs également tous les burkinabé ayant des revenus. Mais aussi en me faisant facturer plus cher que les burkinabé qui eux, même de classe moyenne, connaissent les prix. Le fait d’être facturée deux, trois, dix fois plus que la normale pour tout achat me pousse à faire un autre «  truc de blanc » : faire mes achats accompagnée, voir demander à quelqu’un de faire mes achats pour moi pour éviter de payer 10 fois le prix du marché ( soit le prix que j’aurais payé en Europe pour la même chose).

Cette même assomption de la richesse des blancs font également de nous une cible pour les petits criminels, voleurs à la tire ou dans la maison, alors autre « truc de blanc » à adopter : une prudence raisonnable. Voir aussi à ce sujet l’article « Fais attention à toi » 1: Sécurité et de perception du risque.

Nostalgie, confort et expériences partagées

 Et puis, parfois c’est aussi le pays d’origine qui manque, de ne pas s’inquiéter que mon interlocuteur me comprenne parce que le contexte et la culture sont partagés, le goût de certains aliments.

Il y a quelques temps, j’ai rejoins un groupe de dames, principalement expatriées, qui se réunissent une fois par semaine pour un repas, un verre ensemble. Je n’y vais pas toute les semaines mais de temps en temps, c’est agréable de pouvoir partager mes expériences avec d’autres ayant eu des trajets similaires. Pouvoir bénéficier de conseils de celles qui peuvent mieux saisir certains besoins ou envies.

Et puis, il m’arrive aussi de craquer sur les « arrivages » de produits importés directement d’Europe et qui ne se font pas ici. La dernière : de la crème vanille !

dernier craquage en date: il y a même de la pâte feuilletée sans gluten!

Et surtout, même si ici il n’y a pas la mer, que les burkinabé ne savent pas nager: pas assez d’eau pour apprendre, en tant que nageuse depuis l’enfance, je vais nager. Je paie mon entrée pour profiter de la piscine de l’hôtel, celle avec une longueur acceptable et une profondeur qui permet les plongeons. C’est un luxe mais mon dimanche après-midi de blanche:

la piscine propre et profonde de l’Auberge

3 réflexions sur “Faire des « trucs de blancs »

  1. Super article. Ça me manquait de lire tes impressions sur le Burkina.
    Dès que je serai là, c’est sur, je pratique « les trucs de blancs », faire les courses accompagnées et aller à la piscine de l’hôtel.
    A bientôt.

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