« Fais attention à toi » 2: la santé et le rapport à la mort

Préambule : je ne suis pas médecin et je m’y connais peu. Ce qui est donc écrit ici sont mes simples observations et réflexions et n’ont rien d’un avis médical. Consultez toujours votre médecin en cas de voyages !

Les risques de maladie ,les accidents et les structures de santé vétustes

En termes de santé, l’Afrique n’a pas une belle image : épicentre de nombreuses maladies, système de santé déficient, mortalité élevé, espérance de vie faible.  C’est également une réalité avec laquelle il faut composer, un risque de voyage. Mais le rapport à la santé et la mort est également différant de nos conceptions.

chambre d’hôpital- Zorgo, avril 2013

 

Hygiène versus immunité

En occident, on se protège de tous les bobos de santé, à outrance souvent . La conséquence est en le développement d’autres pathologies comme les allergies et quand une maladie nous rattrape , notre corps a du mal à se défendre.

Ici, faute de moyen plus que par stratégie volontaire, les maladies se propagent. Ce qui fait dire à certains amis burkinabé : « Nous, on a tous eu, notre système immunitaire est solide ». Et pour la plupart, ils ne semblent pas en vivre plus mal.

Pour moi, avec mon corps occidental, fragilisé par des années de protection, je dois rester attentive: ne pas exagérer avec l’origine des aliments, surveiller températures et piqûres de moustiques tout en intégrant au fur à mesure cette nouvelle philosophie. Être malade, ça arrive et ça peut même te renforcer.

 Le covid-19 ?

Cette façon de voir explique aussi l’attitude des burkinabé face au Coronavirus. Le covid 19 s’est peu propagé et les chiffres officiels restent bas : 2 123 cas et 59 morts seulement au 3 octobre. Question de climat, de jeunesse de la population, de manque de tests mais aussi meilleure gestion des épidémies, les explications ne sont pas uniques et sont encore débatables mais ce qui est certain, c’est qu’aux yeux de la population, le covid 19 ne justifie pas des mesures drastiques. Il y a bien plus de risque de périr de la malaria ou de la faim.

Cependant les conséquences des mesures prises contre le covid vont coûter cher aux Burkinabé : économie en baisse, recul de certains soins de santé, baisse du tourisme déjà fort en berne du fait de la situation sécuritaire, décrochage scolaire surtout des filles suite à l’interruption des écoles. D’où un certain mécontentement sur ce virus importé et qui a tout bouleversé alors qu’il est perçu sans gravité par rapport à d’autres causes de souffrance. Après les mesures prises en début de pandémie et ce jusque juin, il sera difficile d’imposer de nouvelles restrictions à la population. Le masque dans les lieux clos est tout juste accepté par la majorité.

Une mesure qui s’est, cependant, renforcée car déjà présente avant l’apparition du virus fait plus ou moins l’unanimité : le lavage des mains. Ce lavage des mains a d’ailleurs l’avantage de prévenir pas mal d’autres maladies, c’est peut-être pour ça qu’elle est si vite adoptée.

Questions d’hygiène

 Si l’occident est plus hygiéniste dans sa gestion de la santé, force est de constater que l’hygiène  personnelle est parfois plus développée ici . C’est le cas du lavage des mains avant de manger, déjà fortement présent avant le covid 19, ce lavage des mains est devenu systématique et l’occident devrait en prendre de la graine.

Qui, assis au restaurant en occident, se lève avec l’arrivée des assiettes pour aller se laver les mains ?

Ici, c’est impensable de ne pas se laver les mains avant le repas, les maquis sont équipés de lave-mains  ou on vous amène de quoi  vous laver les mains directement à table : un petit arrosoir un seau, du savon.

Bien sûr, c’est probablement aussi dû au fait que tout se mange directement avec les doigts mais bon, les frites aussi, non ?

Autre mesure d’hygiène: se laver à chaque passage aux toilettes. Partout, se trouve un arrosoir qui permet de se laver à l’eau après. Et même si j’avoue que je dois encore m’y faire et que je suis bien heureuse d’avoir toujours un « lotus » ( mouchoir en papier) sous la main, je dois bien avouer que cela me parait de plus en plus propre de se passer à l’eau plutôt que d’essuyer en partie avec du papier.

Le rapport à la mort et à la maladie

La présence plus proche de la mort et de la maladie change aussi le rapport qu’on entretient avec celles-ci.

Au Burkina, il semble que les maladies qui ne mènent pas à la mort directement ne sont pas considéré grave . Témoignage d’une conversation entre amis .«tu le sais le Sida, maintenant ça va. Tu a encore 10, 15 ans à vivre si tu prends tes produits, ça va. C’est pas comme Ebola, là quelques jours c’est fini ou le cancer , tu as 1, 2 ans maximum. »

Par ailleurs, la mort reprend une place naturelle, une suite logique de la vie.

La mort des personnes âgées est une célébration.  Quand une personne âgée meurt, c’est le cours naturel de la vie. Personne ne cherche à prolonger outre mesure la vie ni même à savoir de quoi la personne est morte.  Au-delà d’un certain âge, il est naturel que la personne meurt.

Et pourtant la personne âgée ne sera pas cachée loin des siens dans un home comme en occident . Elle restera jusqu’au bout dans la famille, entourée des siens et si elle le peut, active dans la communauté.

« Et tes allergies ? »

Ceux qui me connaissent savent que j’ai la maladie cœliaque ( intolérance au gluten, une protéine qu’on retrouve dans des céréales comme le blé, l’orge ou l’épeautre). D’où une certaine inquiétude : «  et pour manger avec tes allergies, ça va ? ».

Et bien oui, ça va. Et peut-être mieux que dans les pays d’Europe. En effet, ici pas de gluten caché, rajouté comme liant ici ou là dans les préparations. De plus, le Burkina ne cultive pas de blé et sa gastronomie n’est pas basé sur cette céréale qui m’est interdite. : Riz, mil, igname : tout ça, je peux.

Le seul repas ayant subi l’influence européenne est donc le petit déjeuner qui correspond, pour les burkinabé qui prennent un petit déjeuner, à un morceau de baquette et un café. Pour moi, les fruits sont assez nombreux et les galettes de riz trouvables que pour me composer quelque chose qui me convient.

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