Le passage des saisons

Je profite d’un jour férié inattendu ( inattendu pour moi- c’est le lendemain de Maouloud, la nuit de célébration de l’anniversaire du prophète Mohammed, dont la date varie, certes mais qui était bien attendue) pour vous parler météo et temps qui passe.

A la lecture des guides touristiques sur le Burkina Faso, on pourrait penser qu’il y a deux saisons : une grande saison sèche et une petite saison des pluies. Certains guides plus précis vont mentionneront quand même qu’il existe en fin de saison sèche, une période particulièrement chaude : «  en avril, le Burkina a une frontière avec l’enfer ».

En réalité et après un tour complet de la roue des saisons passé sur le territoire burkinabè, il faut bien avouer que c’est plus subtile que ça.

Actuellement en octobre, nous sommes en fin de saison pluvieuse : cela se traduit par des pluies de moins en moins fréquentes et une température qui augmente. Le résultat : un temps chaud et humide et les quelques pluies qui restent tombent en orage avec des vents violents .

Quand il pleut, le Burkina a les couleurs de son drapeau: vert et rouge- sur la route Ouagadougou- Loumbila

L’apparition de la saison sèche n’est pas loin et, si j’en crois mon expérience de l’année passée, peut être très rapide et arriver sans prévenir. Une semaine, mon linge fraichement lessivé met 48h à être sec même au soleil et au vent ; la semaine suivante, même le tissu le plus épais est sec au bout de 4 heures seulement.

Ainsi après quelques semaine de chaleur humide en octobre, le vent sec commence à souffler, c’est le début de la saison sèche et la disparition des pluies qui ne reviendront que peut être une fois vers février ou mars mais pas définitivement avant fin mai ou juin.

La saison sèche est sèche : pas une goutte de pluie, l’air est sec. Tellement sec que pour hydrater sa peau correctement, il faut se tartiner deux fois par jour de crème hydratante dont le tube annonce fièrement « 48h d’hydratation »…

C’est également le moment où l’Harmattan, ce vent venu du Sahara se met à souffler et apporte plus de sécheresse encore et de la poussière, beaucoup de poussière.

Cette poussière qui se faufile littéralement partout, qui couvre les objets et les corps d’une fine couche de couleur rouge orangé. Cette poussière qui fait essuyer la table trois- quatre fois par jour et très certainement avant chaque repas. Cette poussière qui fait couvrir les verres de limonade et couvrir les bouches et les nez, surtout en moto. A ce propose, la diffusion des masque suite à la pandémie de covid-19 a encore renforcé cette habitude de porter un masque à moto et ainsi éviter de respirer cette poussière. Car cette poussière provoque son lot de maladies respiratoires et fait même dire dans certaines régions du territoire que « chaque année, la poussière tue ».

Fin décembre, début janvier, l’Harmattan apporte également la fraicheur des nuits du désert. Les températures descendent parfois jusque 11° la nuit et les manteaux, bonnets et gants d’hiver florissent chez les boutiquiers et les vendeurs de rues. Ceux-ci ayant d’ailleurs été fortement impactés par la douceur de l’année passée où le mercure n’est pas descendu en -dessous de 16°. Une saisons perdue pour les vendeurs de doudounes et de couverture !

Décembre à Ouessa , frais et sec

En février les températures commencent à progressivement remonter. Il fait toujours aussi sec et le paysage devient couleur de terre rouge. Les arbres perdent leurs feuilles depuis plusieurs mois. Les herbes folles attendent le retour de la pluie. Les manguiers, eux commencent à former leur fruit. C’est à ce moment que peut se produire des petites pluies, les fameuses « pluies des mangues » appelées comme cela soit parce que c’est ces pluies qui vont faire murir les fruits, soit parce que ces pluies font débarrasser les fruits de leur couche de poussière. J’ai entendu les deux versions.

En bonne belge, habituée d’une pluie régulière, je vais joyeusement me balader sous ces premières pluies, heureuse de la retrouver ( au grand étonnement de mes voisins burlinabè d’ailleurs). C’est le moment de repérer les petites fuites du toit, les caniveaux bouchés et autres réparations à effectuer dans les prochains mois avant la vraie saison des pluies.

Ces pluies des mangues viennent avec une augmentation de la température, qui ne va pas cesser avant avril. Une période chaude, très chaude. Chaud au point que tout ce que vous pouvez toucher est chaud , même les objets qu’instinctivement on penserai froid. Le carrelage est chaud. Le robinet est chaud, l’eau qui en sort aussi. Vos draps sont chauds, vos vêtements aussi. S’habiller avec des sous-vêtements chauds, comme si ils avaient mis sur un radiateur, est une expérience particulière. C’est le mois d’avril. Un mois que j’ai désigné être mon mois de vacances et de retour en Europe pour les premières années : je vais prendre le frais.

Fin mai vont venir les premières pluies, attendues avec impatience, elles n’apportent en réalité pas vraiment de fraicheur mais surtout de l’humidité, rendant la chaleur encore plus difficilement supportable pendant quelques semaines.

Quand les pluies s’installent enfin et que le temps devient plus souvent « sexy », c’est juillet, août.  Votre calendrier devient flexible, les événements s’annulent, les rendez-vous se reportent parce qu’il pleut. Les routes de terre changent à chaque pluie. Fin juillet, début août, il pleut presque tous les jours parfois plusieurs heures voire presque une journée entière de pluies plus fines. Puis progressivement, les pluies s’espacent, le temps devient propice à l’orage. La roue des saisons a fait son tour complet.

Pour une autre vue sur le passage des saisons, je vous invite à aller faire un tour sur le très chouette blog de Marion: https://marionenafrique.blogspot.com/2021/03/saisons.html

les beaux nuages du mois de septembre

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