J’ai besoin de vacances… Je ne m’en suis pas rendue compte seule mais un ami proche me l’a signaler… » Toi, tu as besoin de t’arrêter et de voyager « … « heu, tu me prescrits des vacances? » … » Oui! ». Depuis cette conversation, c’est devenu une évidence, j’ai besoin de vacances. Mais comment est ce que je ne m’en suis pas rendue compte? Et puis qu’est ce que je comprends quand je dis » vacances »?
Quand on vit dans une pays ensoleillé où il est facile pour une européenne habituée aux temps gris et froid de se penser en vacances permanente. Pourtant, j’ai quand même besoin de vacances.
Une réalisation rendue encore plus compliquée à réaliser quand on quitte le salariat. Sans patron, on pense que en s’accordant un jour de repos par ci par là, on ne travaille pas tant. Et puis comme les activités sont pour soi même voir pour une large partie liées à du bénévolat, ce n’est pas du travail. Et pourtant, même si ce n’est pas du » travail », j’ai besoin de vacances.
J’ai longuement et je continue à questionner la notion du » travail ». Dois on considérer uniquement ce qui est rémunéré comme du travail? Quand est il des implications dans les associations? Et puis, si je mène une vie qui me plait, pourquoi aurais je besoin de vacances?

Sauf que:
En réalité, en tant qu’indépendant on va travailler tout le temps et ce même si on s’impose un jour de relâche par semaine.
Mes activités à Bobo-Dioulasso sont basées sur des associations ou sont des formations. Des activités qui se font régulièrement en horaire décalé ou le week-end. Et il est facile d’ajouter à ça un travail de semaine. Après des années de formatage à la valeur traditionnelle « travail » et malgré que je la remette en question, il me reste difficile de passer au dessus de la culpabilité de ne rien faire un lundi… Et encore plus difficile de faire comprendre à mes contacts, que je suis indisponible un lundi .
A Bobo, beaucoup de personnes me connaissent et connaissent ma maison. Les sollicitations sont nombreuses et il est difficile de faire un » staycation », c’est à dire de réellement me mettre en mode off en restant à la maison.
On ajoute aussi que dans la culture burkinabè, faite d’un mixte religieux musulman, chrétien , animiste et même si c’est le calendrier occidental avec une semaine de travail du lundi au samedi et un jour de repos le dimanche qui est officiellement utilisé, les dimanches ne sont pas chômés pour tout le monde. Ainsi je suis régulièrement aussi sollicité les dimanches.
Vivre à l’étranger à pour corollaire de rendre visite à la Belgique dès que je prends du temps of: pour visiter la famille, les amis, faire quelques démarches administratives, des achats de choses qui manquent. C’est un voyage hors de mon lieu de résidence et une période où mes activités professionnelles sont à l’arrêt… des vacances donc? Bien que pouvant être très agréable, ces voyages de retour ne sont pas reposants. Entre les démarches administratives, les visites aux amis, aux différents membres de la famille, j’ai souvent l’impression de ne pas avoir une minute à moi, sans impératifs.
Et si les vacances s’étaient ça? Une période de repos sans obligations. Une période pour vivre sans programmes ni impératifs où la spontanéité reprend tout ses droits. Une période pour prendre aussi du recul, laisser son esprit faire un pas de côté et pouvoir revenir avec de la fraîcheur dans les idées. Dans nos vies modernes, notre cerveau est sollicité en permanence par beaucoup, par trop d’informations, il a besoin de se mettre en veilleuse mais aussi de changer d’environnement pour être stimuler mais autrement.
Après 4 ans d’un régime Burkina- Belgique, j’ai besoin de vacances.

Comme mon ami me le dit , dans ma vie précédente j’ai eu l’habitude de voyager beaucoup et de voyager seule. Mon corps et mon cerveau sont habitués à être nourris de découvertes, à être totalement maitre de leur programme. Et aujourd’hui, ils le réclament. Ils réclament ces moments de découvertes d’un nouveau lieu, ces jours de liberté totales face à un nouvel endroit, une nouvelle culture, de nouvelles personnes.
Une autre amie me disait quelques jours plus tard » de toute façon, moi je le dis aussi, tu travailles trop » me rappelant les arguments de l’auto-exploitation trop fréquente parmi les métiers indépendants.
Je pars donc bientôt en vacances, dans un pays voisin où il y a la mer. Ce sera mon 10eme pays sur le continent ( je vous ai dit que j’avais l’habitude de beaucoup voyager?).
Et je vous le laisse en devinette: bien que presque 2 fois la taille de la Belgique, ce pays est considéré comme ‘petit ‘, dans la région, ses habitants ont une réputation de gentillesse égalée uniquement par les burkinabé…. Alors vous avez deviné ?

Mallou au Togo? Bon repos/découverte/zenitude.
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