Mon dernier article remonte à début mars…. Et depuis je ne vous donnais plus, chers lecteurs, de nouvelles… mais j’étais où ?
Il faut dire que mes activités ont été bien chargées ces derniers mois ne me laissant pas beaucoup de temps pour le recul et la réflexion qu’exigent l’écriture.
Alors j’étais où ?

Depuis mars, avec l’Association ECOCO-BF nous avions lancé un grand concours d’écologie pour les lycées. Ce concours a demandé la recherche de partenaires, la logistique de salles, les liens avec les différentes autorités, l’encouragement des lycées, l’organisation du Jury. Grâce à l’implication des membres, cette activité a été un beau succès. La clôturé avait lieu le 12 avril.. Le 13 à 21h, je prenais l’avion , direction Bruxelles.
Je suis rentrée pour un petit séjour de 3 semaines en Belgique. Renouer le lien avec les amis, passer du temps en famille. J’étais heureuse de passer ce temps avec les personnes à qui je tiens et pourtant, un phénomène peu agréable était également présent. J’étais heureuse mais pas joyeuse. Je me sentais perdue dans un contexte pourtant familier. Parfois littéralement, je ne retrouvais plus mon chemin dans les rues de Bruxelles mais aussi dans les codes sociaux, je n’étais plus très certaine de comment me comporter : dois je dire bonjour à cet inconnu que je croise ? Est-ce que si on me dit « tu es la bienvenue à partir de 18h », je dois être là à 18h01 ou 18h59 ? Perdue aussi dans mes représentations : mes amis et ma famille ne sont plus les mêmes que quand je suis partie ( il y a déjà 5 ans), ils ont évolué, moi aussi. Mais nos point des référence communs sont toujours, il y a 5 ans. Et bien que l’essentiel soit toujours là, sans avoir été le témoin privilégié de l’évolution de l’autre, les repères ne sont plus tout à fait où nous les avions laissés. Je suis rentrée avec ce mélange de doutes et de confusion mais aussi cette satisfaction de garder le contact.

J’aurais pu écrire un article profond à ce sujet à mon retour mais avant d’avoir le recul nécessaire, il y a eu le picnic des entrepreneurs avec Ciira Lilli . Puis me voici à planifier mon déménagement de ma location à ma maison nouvellement construite. Il faut finaliser les quelques travaux pour rendre la nouvelle maison habitable ; penser aux modifications à apporter à la location pour la transformer en bureaux partagés et lieu de formations. Nous accueillons notre première formation avec l’association Nyentaga.

Pour se faire, je ne suis pas seule, début avril, j’ai embauché mon ancienne stagiaire comme assistante. Moi qui aie pris l’habitude de travailler seule et à mon rythme, cela demande aussi tout un ajustement : devenir manager, la former, trouver l’équilibre entre « demander à faire comme je ferai » et « laisser apporter les suggestions et s’enrichir », développer son autonomie, guider tout en lâchant prise.
Entretemps, j’ai été sélectionnée par l’association néerlandaise PUM pour devenir leur représentante à Bobo-Dioulasso. PUM propose aux petites et moyennes entreprises de bénéficier de l’appui d’experts néerlandais dans un esprit de coopération mais aussi d’influence commerciale tout néerlandais. PUM avait été largement absent de Bobo depuis quelques années et cherche à redéployer ses missions. Étant en lien avec des entreprises via mes activités, j’avais postuler mi-mars. Je commence mon contrat de représentante bénévole défrayée, alors que je suis encore en Belgique, par des formations et surtout l’apprentissage d’une nouvelle culture entrepreneuriale. Heureusement la culture néerlandaise ne m’est pas tout à fait étrangère même si avec la culture burkinabè, c’est un peu le grand écart. En juin, je suis à Ouagadougou pour une semaine: rencontrer l’équipe-pays de PUM et visiter quelques clients bénéficiaires histoire de mieux comprendre le fonctionnement.

De retour à Bobo, nous menons quelques activités avec Ecoco-BF, le jury de Musso Hakilima et une formation avec Ciira Lilli, la préparation des visuels de Mayliss Consulting avec Bolyon ainsi que le suivi du projet d’étude sur la gestion des déchets bio-médicaux à Bobo-Dioulasso et la candidature à un poste que plusieurs personnes m’enverront : coach pour les espaces culturels à Bobo-Dioulasso.

Dans le cadre du projet d’études sur la gestion des déchets bio-médicaux, on me propose de venir suivre une formation certifiante en gestion des risques biologiques et gestion des déchets biologiques à Dakar au Sénégal. Après quelques hésitations ( c’est que le programme est déjà serré), je m’y inscris. Me voici, mi-aôut de retour à Dakar après 22 ans (ça ne me rajeunit pas), pour une semaine qui sera intense, un peu hors du temps et de mes autres préoccupations, entourée de personnes habituées des séminaires internationaux issues de la recherche médicale et venant de toute l’Afrique de l’Ouest francophone comme anglophone. Nous sommes traités ( logés, nourris, défrayés) selon les standards internationaux ( tout comme la mission de PUM d’ailleurs- ce qui mériterait un article complet d’analyse sur l’effet de ces missions et de leur per-diem).

Une semaine avant mon départ à Dakar, je reçois confirmation sur ma candidature au poste de coach pour les espaces culturels à Bobo-Dioulasso. Pendant 12 mois, je vais coacher 4 centres culturels afin de déployer et stabiliser leur modèle économique avec La Fabrique, une structure de soutien aux projets (majoritairement entrepreneurial) à impacts positifs. Le projet est déployé avec une association belge Africalia. Il y a des millions d’années ( heu en fait 15 ans), j’avais postulé chez Africalia et il y a 5 ans en arrivant au Burkina, j’avais envoyé une candidature spontanée à La Fabrique. Comme quoi, rien n’est jamais totalement par hasard.
Début septembre ( après une petite semaine à Bobo à mon retour du Sénégal), me voici de retour à Ouagadougou : faire connaissance des collègues de La Fabrique et participer au premier atelier-formation du programme avec les Espaces Culturels de Ouaga comme de Bobo. C’est d’ailleurs depuis Ouagadougou que je vous écris.
Chacune des expériences vécues depuis mon dernier article de mars mérite à elle-seule un ou plusieurs articles tant elles ont été riches en réflexions interculturelles, en découvertes, en sources d’inspirations, en critiques aussi. Elles surgiront peut -être dans les prochains mois à la faveur de moments plus calmes et propices à l’écriture.
En attendant, je vous rassure : Mallou est toujours au Burkina.

